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Les Priorités de François Legault

             Un article de Aînés Hébergement, Vol 3 No 4

                   


« Je m’ennuie du terrain !! Dans mon ancienne vie, alors que j’étais chez Air Transat, je passais 50% de ma journée ou de ma semaine, directement sur le terrain, avec les gens. Depuis que je suis à l’Assemblée nationale, c’est ce qui me manque le plus. »

C’est par ce cri du cœur que François Legault a inauguré le congrès annuel 2002 des Centres Locaux de Services Communautaires (CLSC) et des Centres Hospitaliers de Soins de Longue Durée (CHSLD) tenue à l’hôtel Sheraton de Montréal les 2 et 3 mai dernier sous le thème « Action sur les personnes… pour une vision humaine des ressources » où le nouveau ministre d’état à la Santé et aux services sociaux était l’un des principaux conférenciers invités. Monsieur Legault se dit davantage un Ministre des Services Sociaux, donc plus près de gens et de leurs problèmes réels, que de la Santé. Pour lui, la partie Services sociaux de son ministère, trop souvent délaissée des médias parce que pas suffisamment spectaculaire, est autant sinon plus importante que la partie Santé, puisqu’elle permet de s’attaquer directement aux causes des problèmes plutôt qu’aux symptômes. Il cite en exemple certains jeunes étudiants dans les écoles secondaires chez qui on décèle déjà d’importants troubles d’apprentissage mais sur qui l’intervention est de plus en plus limitée faute de moyens. Il souligne au passage l’implication croissante des CLSC dans le milieu scolaire. Le nouveau ministre est venu présenter les quatre grandes priorités de son ministère pour la prochaine année en matière de soin de santé soit 1- l’Accessibilité au réseau, 2- les Ressources humaines, 3- la Gouverne du ministère dans le meilleur intérêt de chacun et finalement, 4- le Financement.

SOINS DE PREMIÈRE LIGNE

Dans un premier temps, le ministre à tenu à rassurer les congressistes sur l’importance du rôle que seront appeler à jouer les CLSC et les CHSLD au sein du groupe général de médecine familiale que le trio de ministres affectés à la santé, soit Messieurs Legault, Levine et Bertrand, s’apprête à mettre en place au cours des prochaines semaines sinon des prochains mois, pour ainsi poursuivre l’idée lancée par Rémi Trudel le prédécesseur de François Legault. L’objectif, pour la première année, est de 330 médecins afin de desservir 470000 personnes qui seront appelés à s’inscrire pour profiter de ce service. Le ministre a aussi profité de cette tribune pour annoncer que les négociations avec la Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec avaient récemment abouties, suite à sa récente intervention dans le dossier. Une entente imminente serait signée d’ici au 30 mai, ce qui permettrait de passer à une autre étape dans l’élaboration des soins de première ligne. Ces groupes de médecine familiale, aussi appeler soin de première ligne, sont le moyen le plus efficace élaboré par le ministère pour accroître l’accessibilité au réseau pour toutes les Québécoises et les Québécois. Le but ultime est que chacun ait accès à un médecin de famille, qui connaît son histoire médicale et qui est le plus apte à le guider vers son retour à la santé.

RESSOURCES HUMAINES

Puisque comme deuxième priorité, le ministère à mis de l’accent sur les Ressources humaines, il ne pouvait qu’être enchanté par le thème du congrès qui portait justement sur cette réalité importante des gestionnaires mais trop souvent mis à l’arrière scène par les lourds problèmes de la gestion au quotidien comme le manque de ressources ou l’absence de vision à long terme. Le ministre ne s’est pas caché la tête dans le sable, alléguant qu’il y « beaucoup de pain sur la planche, pour vous comme pour moi, dans ce domaine. » Les grands bouleversements qu’a entraîné le virage ambulatoire et surtout les coupures de poste qui en sont la conséquence directe ont fait très mal au moral des troupes… Le vieillissement de la population et la demande accrue de service en découlant est un autre facteur très préoccupant pour François Legault. 

Dans les pistes de solution à moyen terme, il a insisté sur une étroite collaboration entre le ministère de la santé et celui de l’éducation, qu’il connaît très bien, pour assurer une hausse des inscriptions en soins infirmiers et en médecine, de même qu’une relève plus nombreuse et de mieux en mieux outillée et compétente pour faire face aux grands défis qui s’annonce en matière de soin de santé. Il a aussi demandé aux Régies régionales et aux dirigeants de centres hospitaliers un rapport complet sur les postes à combler. La disproportion entre les régions l’inquiète et le trouble beaucoup. Il promet donc, le plus rapidement possible, des incitatifs pour attirer les médecins et des infirmières, « là où on en a besoin !..  » Il soutien du même souffle qu’il faudra aussi dans certains cas avoir le courage de renégocier certaines conventions collectives ou, à tout le moins, de regarder la rémunération de tout ce beau monde, pour une meilleure équité au sein du réseau.

Mais il faut aussi regarder à court terme, chercher et surtout trouver des solutions pour aujourd’hui, demain et pour les prochaines semaines. Monsieur Legault a reconnu qu’un investissement majeur de 500 Millions, via le programme AGIR, injectés principalement dans la modernisation des équipements représentait comme un vent de fraîcheur sur des troupes fortement démoralisées, mais il insiste d’abord et avant tout sur la Passion qui doit animer les employés tout au long de leur travail. Ce n’est qu’avec des gens passionnés qu’on peut réussir de petits miracles au quotidien, résume-t-il. 

Le ministre a chaudement recommandé un bon inventaire du personnel, question de cerner les forces et les faiblesses de chacun et, par le fait même d’en faire des employés plus productifs en leur permettant de développer leurs forces tout en les soutenant dans leurs limites de compétence. « Il faut être capable de trouver des façons de soutenir davantage nos ressources humaines… » En ce sens, il s’est dit fortement encouragé par le projet de loi déposé par le ministre de la justice, Paul Bégin, suite aux recommandations du docteur Bernier concernant le décloisonnement des professions. Pour lui, cette mesure permettra d’alléger le travail de certains professionnels, notamment les infirmières et les médecins, tout en permettant à des professions subalternes d’assumer de plus grandes responsabilités tout en ayant les compétences pour le faire.

Il a aussi fortement insisté sur l’implication de tous les employés dans la prise de décision au quotidien. Un employé qui se sent impliqué et respecté dans ce qu’il croit être en mesure de faire pour aider l’entreprise qui l’emploie, quel que soit le type d’entreprise, dans le domaine privé comme dans n’importe quel ministère public, est généralement porté à donner beaucoup plus à son employeur. Monsieur Legault croit fermement que le temps de la gestion imposée, sans consultation et sans explication est définitivement révolu. « Souvent les meilleures solutions, les meilleures réponses aux grands problèmes soulevés dans une entreprise proviennent de ceux qui sont directement sur le terrain, de ceux et celles qui travaillent avec les patients. Pour cela il faut des leaders forts et compétents. » Il a souligné à cet égard qu’il faudrait peut-être revoir la formation des dirigeants dans certains établissements, mais tout en reconnaissant de façon générale la très grande compétence des gestionnaires actuellement en poste.

La troisième priorité du Ministère concerne la Gouverne dans le meilleur intérêt de tous. D’entrée de jeu, il a tenu à rassurer les gestionnaires présents dans la salle sur la portée réelle de la loi 28 qui, selon la perception populaire, permettrait une mainmise totale du ministère de la Santé et des Services sociaux sur toutes les décisions prises dans chacun des établissements. Pour le ministre, ce n’est qu’une mauvaise perception. Pour lui, il sera davantage question de décentralisation au cours des prochains mois, principe dont il se dit un ardent défenseur, provenant lui-même de l’entreprise privée. Ce qui frappe le plus le ministre depuis son arrivée à la Santé et aux Services sociaux, déplore-t-il, c’est que le « réseau de la santé » n’a de réseau que le nom… Il souhaite donc redonner à tous les intervenants du domaine de la santé les outils et surtout la latitude nécessaire pour être partie prenante des décisions et des orientations que prendra le ministère dans les années à venir. Le ministre veut laisser les gestionnaires gérer leurs établissements à leurs manières. Pour lui, c’est une simple question de bon sens : Qui de mieux placé que les gestionnaires en place dans les CLSC, les Régies régionales ou les CHSLD pour vraiment connaître les besoins des gens sur le terrain…

DÉCENTRALISATION

Sa vision comprend donc, à court et moyen terme, une Importante décentralisation, notamment au niveau des budgets et des ressources qui seront de moins en moins « tagués » selon l’expression du milieu, question de laisser le plus de latitude possible aux dirigeants quant aux moyens à utiliser pour optimiser l’établissement dont ils sont responsables. Mais le ministre parle d’une décentralisation encadrée, il dit vouloir suivre de très près les résultats des actions entreprises par les gestionnaires. Il parle d’Évaluation, même si selon ce qu’on lui a dit dès son entrée au service de l’état, ce mot est tabou au gouvernement et réfère davantage au secteur privé. Mais le ministre persiste et signe… Et gagne son pari. Dans les moyens concrets pour « évaluer » les établissements, le ministre a rappelé une analogie entre ses fonctions présentes et son poste antérieur au sein du Conseil des Ministres. Il dit souhaiter passer avec les centres hospitaliers et les CLSC des « contrats de performances » du même genre que ceux passés avec les universités et les CEGEPS il y a quelques mois à peine. Évidemment, les critères de performance seraient bien différents de ceux relier à l’éducation, mais le principe demeure le même. Pour le ministre un contrat de performance en santé se définirait en trois étapes :

                                                         CONTRAT DE PERFORMANCE

La première étape consiste à poser un diagnostic afin de savoir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien au sein de chaque organisation. Afin de poser le meilleur diagnostic possible, il faut établir une liste d’indicateurs, tant quantitatifs que qualitatifs, qui seront définis conjointement par le ministère et les gens sur le terrain, dans les organisations. La définition d’indicateurs communs est d’ailleurs la tâche principale à laquelle s’emploie actuellement le ministre de la santé et ses adjoints. Ces indicateurs seront susceptibles de nous fournir les éléments nécessaires pour bien cerner les forces et les faiblesses de chacun des établissements de santé. Le ministre estime qu’il y a trois catégories d’indicateurs importants en santé : le premier et le plus important étant la satisfaction de la clientèle. « Il faudra trouver un moyen, par sondage ou autre, de mesurer dans quelle proportion les patients sont satisfaits des soins qu’ils reçoivent, car c’était d’abord et avant tout pour eux qu’on travaille. » 

Comme deuxième série d’indicateurs, il y aussi l’Accessibilité aux soins, dont les listes d’attentes constituent présentement le reflet le plus évident. Le ministre en ayant même fait une des priorités de son ministère pour bien montrer l’importance qu’il y accorde. Et finalement, un indicateur moins perceptible, plus abstrait mais tout aussi important que les deux précédents, l’Efficacité, c’est-à-dire le rapport qui doit exister entre les coûts et les résultats. C’est évidemment un indicateur très important, mais qui ne compte que pour un tiers des éléments à vérifier, qui est d’ailleurs mentionné au troisième ordre seulement, signe de sa non préséance sur les deux autres, contrairement à l’image que dégage parfois l’appareil gouvernemental qui semble froid et insensible aux besoins des gens.

La deuxième étape consiste à se donner des objectifs à court, moyen et long terme afin de corriger le plus possible les irritants, et, à ce niveau la concertation entre tous les intervenants du milieu se veut particulièrement important. C’est sans doute l’étape la plus importante d’un bon plan de match puisque c’est dès ce moment qu’on se prépare à entrer dans l’action. Finalement, la troisième étape selon lui, étape qui appartient strictement aux gestionnaires sur le terrain, consiste en l’élaboration pratique d’un « plan de match » comportant les moyens nécessaires pour arriver à mettre en application les objectifs définis à l’étape précédente.

Selon le ministre ces contrats de performance devraient mener à la Responsabilité de tous les travailleurs dans le réseau et il confie bien humblement que c’est la raison première de sa venue en politique, rendre le plus de gens possibles responsables, des gestionnaires responsables, des travailleurs responsables et des québécoises et des québécois responsables !

$$ FINANCEMENT $$

La quatrième priorité du ministère, et non la moindre, que le ministre définit comme une condition sine qua non à la mise en place des contrats de performance concerne le nerf de la guerre, le Financement. Selon François Legault, c’est du donnant donnant. Les établissements s’engagent à donner des résultats, mais en revanche le gouvernement s’engage à offrir aux établissements, les moyens financiers nécessaires à l’atteinte de ses résultats. Le financement du réseau fait face à deux défis majeurs ; premièrement la répartition des ressources à même le budget actuel et deuxièmement le financement total nécessaire pour offrir des soins de qualité.

En ce qui concerne la répartition des ressources, c’est la disproportion entre les régions qui est au cœur même du débat. C’est d’ailleurs pour le ministre une condition importante à regarder avant même de commencer à comparer les établissements entre eux. Offrir des services de qualités certes, mais le faire à armes égales entre les différentes régions, voilà le défi. C’est pourquoi le ministre à abordé ce délicat dossier avec les représentants des CLSC et des CHSLD afin de viser justement une meilleure répartition des ressources dans les semaines à venir. « On n’est tous d’accord pour rétablir l’équité dans le financement entre les établissements » a-t-il servi comme une grande vérité, mais cela doit se faire de façon responsable, progressive et en collaboration avec les régies régionales et les gens du milieu. Le ministre s’est engagé, dès cette année, donc avec les crédits de 2002-2003 à poser plusieurs gestes concrets en vue de rétablir l’équité. Du même souffle, il promet l’équité entière et complète pour 2005…

Cependant, dit le ministre, aussi importante soit-elle, la question de la répartition des ressources ne doit pas porter ombrage au deuxième défi, tout aussi important, sinon davantage, celui du financement global du réseau. Et sur ce point précis, souligne le ministre : « Il faut arrêter, du moins au Québec, de se mettre la tête dans le sable. On a un problème, un gros problème, un problème structurel de financement dans le réseau de la santé… » Le ministre estime que le vieillissement de la population et l’impact des nouvelles technologies entraînent des hausses de coûts qui nécessiteraient idéalement une croissance de 5 à 6 % par année uniquement pour maintenir les acquis, mais, du même souffle, il constate avec réalisme que les revenus l’État n’augmente en moyenne que de 3% par année.

Pour illustrer les conséquences de ce déficit important sur le réseau, le ministre cite en exemple le projet de soutien à domicile, prêt depuis quelques temps déjà, développé par les CHSLD en collaboration avec les Régies régionales, mais mis temporairement sur la glace faute de financement. Bien qu’il reconnaisse qu’un tel projet aurait été bien salutaire au moment du virage ambulatoire de Jean Rochon, qu’il aurait réduit considérablement la cohue dans les Centres hospitaliers et de longue durée, les 225 Millions nécessaires à son implantation en ont fait un cas de tablette par excellence, ce que déplore François Legault. Comme autre cas, le ministre a rappelé les nombreux cas de problèmes d’apprentissage dans les écoles secondaires qui requerraient l’embauche de personnel de soutien tels orthophonistes et orthopédagogue et qui, malheureusement, faute de support, se transforme trop souvent en cas de Centre jeunesse. Le ministre se dit triste et peiné d’une telle situation, mais reconnaît son impuissance à transformer les choses aussi rapidement qu’il le souhaiterait.

Il ne faut pas cependant déshabiller un ministère pour en habiller un autre, soutient François Legault. Aussi pour lui, c’est une évidence qu’il est hors de question de piger les fonds manquants dans les poches de son confrère Sylvain Simard, en éducation, ce qui équivaudrait à se tirer dans le pied, résume-t-il. Si c’était vrai en tant que ministre de l’éducation il y a quelques mois à peine, il voit mal comment il pourrait changer son fusil d’épaule maintenant qu’il est passé de l’autre côté de la clôture… Il soutient en outre que l’écart entre le 5 ou 6% idéal et le 3% de ressources disponibles ne peut aller qu’en s’accentuant aux cours des prochaines années, à cause entre autre chose de vieillissement de la population.
Pour François Legault, une bonne partie de la solution se trouve cependant à la frontière du Québec, du côté d’Ottawa. Selon le rapport Séguin sur la fiscalité Fédéral-pronvincial auquel à eu accès le ministre, le gouvernement fédéral qui dégagera l’an prochain des surplus allant jusqu’à 10 milliards, dont 2 milliards et demi représenteraient la quote-part du Québec devrait réinvestir massivement ses fonds aux provinces, tout particulièrement en santé. Car soutien-t-il cet argent n’appartient ni à Jean Chrétien et ni à Paul Martin, mais bien aux Québécois et aux Québécoises puisqu’elle provient en totalité de leurs impôts et de leurs taxes et pour lui il serait grandement temps que le gouvernement fédéral le comprenne. 

En conclusion le ministre à parler de deux importantes constatation que les citoyens devront faire pour assurer l’avenir du système de santé sous sa forme actuel. D’abord, une première constatation serait de se rendre compte que le gouvernement québécois gère de façon la plus intelligente possible les fonds qui leur sont alloués en matière de santé et services sociaux, et soutien-t-il, les contrats de performance auxquels le ministre faisait référence plus tôt, sont à son avis, le meilleur moyen pour permettre à tous de faire cette constatation. Et la deuxième constatation vise à ce que tous connaisse le « plan de match » que le ministère à élaboré, afin de savoir entre autre que si Ottawa se décidait à verser les 2 milliards ou 2 milliards et demi qui revient au Québec, que le ministère saurait exactement où employer cet argent et quelle partie du réseau sont a financer davantage. Finalement le ministre a parlé de revoir ce plan de match, programme par programme, région par région et établissement par établissement afin de le réviser ensemble, avec tous les intervenants du milieu et il se dit convaincu, avec un travail de tous les instants, de convaincre les citoyens et les citoyennes de leur fournir les moyens nécessaires afin de faire correctement leur travail et de répondre ainsi à la grande priorité qui se retrouve en tête de tous les sondages possibles et impossibles, l’Amélioration de la qualité des soins de santé au Québec. « Ce serait donner une importante bouffée d’air frais au personnel de tous les CLSC, CHSLD, des Régies régionales et à tous les intervenants du domaine de la santé et les aider à continuer à travailler à l’élaboration de l’un des meilleur système de soin de santé au monde… Et vous pourrez toujours compter sur moi pour mettre Toutes mes énergies en ce sens…  » a-t-il conclu.

… ET LES AUTRES

Outre la conférence de Monsieur Legault, le congrès annuel comportait deux autres grandes conférences et quelques conférences thématiques. Parmi les grandes conférences on retrouvait celles de Madame Gisèle Desrochers, vice-président aux Ressources humaines de la Banque du Canada ainsi que celle de clôture de Monsieur Alain Forget, psychologue industrielle. La conférence de Madame Desrochers portait principalement sur le « leadership d’établissement » et les différents styles de gestion apte ou non a rendre les employés heureux et productifs. Elle a souligné au passage trois effets d’une bonne gestion : l’autonomie, la confiance et les compétences et a décrit l’élaboration d’une « trousse de secours » pour maximiser les éléments d’une entreprise. Cette trousse devrait comprendre de l’optimisme, des alliés au sein et à l’extérieur de l’entreprise, la promotion des victoires de chacun au sein de l’entreprise et finalement une bonne visibilité des bons coups de chacun.

Celle d’Alain Forget pour sa part, portait sur une saine gestion du stress dans un monde de plus en plus rapide et de plus en plus compétitif. Il donne cinq pistes à explorer en guise de tentative de limitation du stress, car il avoue bien humblement qu’une vie sans stress est à toute fin pratique impossible. Ces pistes sont donc : 1) Se connaître soi-même, 2) Savoir s’entourer d’une équipe performante et en qui on peut avoir pleinement confiance. 3) Clarifier les attentes de performances et les rôles spécifiques attendus de chacun. 4) Équilibrer sa vie personnelle et professionnelle. 5) Toujours chercher à se développer comme personne et comme employé au sein de l’entreprise.

Finalement, le congrès s’est terminé par une très intéressante table ronde regroupant : Louis-Philippe Mayrand, administrateur d’un CLSC en Gaspésie, Monsieur Marc Laviolette, président de la Conférence des Syndicats Nationaux (CSN), Monsieur Roch Bernier président du groupe de travail mandaté par le Gouvernement portant sur les professions de la santé et les relations humaines, Madame Jennie Skene, présidente de la Fédération des Infirmiers et Infirmières du Québec (FIIQ) et Pierre Joron, vice-président du groupe AON et ex-négociateur du Ministère de la Santé et des Services sociaux, le tout sous la supervision et l’animation de Monsieur Jacques Samson membre influent de l’équipe éditoriale du journal Le Soleil de Québec qui agissait comme modulateur.

S’il a surtout été question du rapport de Monsieur Bernier et son groupe de travail concernant le décloisonnement des professions, l’ouverture d’esprit des intervenants et la bonne foi dont chacun semble vouloir faire preuve promettent de meilleures conditions pour les employés du milieu de la santé et en bout de ligne des meilleurs soins ainsi qu’un meilleur encadrement pour les bénéficiaires et tout particulièrement les aînés.

Soulignons en terminant les deux récipiendaires des Fonds d’innovation pour les services aux personnes âgées 2002, fonds qui se veulent une façon d’honorer et de récompenser annuellement deux établissements qui se sont distingués dans leur milieu de travail ou dans leur communauté pour la qualité des soins et services offerts à la population. Ce fonds vise à développer des projets novateurs et à promouvoir la créativité et  » l’Entrepreneurship  » de ses membres, dans l’adaptation de services aux besoins de la clientèle âgée en perte d’autonomie. Le gagnant dans la catégorie CHSLD est le CHSLD Saint-Brigid’s Home Inc. pour ses projets  » Qualité de vie des résidents (phase 1 et 2) « . Pour le Fonds d’innovation, catégorie CLSC, le gagnant est Les CLSC et CHSLD de la Pommeraie pour son projet de gestion dans les résidences privées. Le congrès annuel était financé par de multiples commanditaires dont les personnes âgées semblent de plus en plus la clientèle ciblée. Leurs produits, aussi variés que personnalisés, avaient tous en commun la recherche constante de l’amélioration de la qualité de vie des aînés.

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