« Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer… Et c’est là que je finirai ma vie… » dit la triste complainte. S’il est bien un monde secret qui s’apparente à celui de l’oubli, c’est bien l’univers des prisonniers et des centres carcéraux. Comment se vit la vieillesse en prison, y-a-t-il des similitudes, des différences avec la vieillesse des gens libres, c’est un peu tout cela qu’à voulu savoir Aînés hébergement. Comme toutes les peines de deux ans et plus au pays sont purgées dans des prisons fédérales, c’est vers ce milieu que notre journaliste s’est tourné pour avoir des réponses. Rencontre avec madame Carolina Soulié, directrice générale de la section Québec des Services correctionnels canadiens. D’abord, d’entrée de jeu, madame Soulié nous explique, pour qu’on s’entende bien sur la définition de « personnes âgées », que les services correctionnels commencent à comptabiliser les gens comme « âgés » à 50 ans, au lieu de 60 ou 65 comme dans la société, à cause des impacts extrêmement éprouvant de la vie carcérale sur la santé des prisonniers qui les font vieillir prématurément…
Notre journaliste partait avec l’intention naïve de raconter une belle histoire pleine d’espoir ou grands-parents et petits-enfants continueraient de s’enrichir mutuellement grâce à des relations quasi normales qu’encourageraient les services correctionnels pour remettre les aînés délinquants sur le droit chemin… La victoire de l’amour quoi ! Madame Soulié à rapidement réécrit les paramètres de ce beau conte de fées… Bien qu’il n’existe à peu près pas de statistiques sur le sujet, madame Soulié nous dit que « Malheureusement, il semble que les détenus âgés, parce qu’ils sont très souvent incarcérés pour des délits particulièrement grave et violent, purgent conséquemment des peines très longues, voire souvent des sentences à perpétuité, ils ont généralement peu de contacts avec leurs enfants et par la bande, avec leurs possibles petits-enfants. Évidemment, si les contacts avec leurs familles sont restreints alors qu’ils ont 35 ou 40 ans, comme c’est le cas dans la majorité des cas, cela ira en diminuant et en s’amenuisant alors que ces personnes arrivent à 50 ou 60 ans, nous explique-t-elle. Bien qu’elle admette qu’il est possible que cela se produise très occasionnellement, dans des centres à sécurité minimum ou médium… Ou encore en centre à sécurité maximum lors de permissions spéciales, elle nous dit que c’est très très rare… » Si, côté pratico-pratique, les visites en milieu carcéral à sécurité minimum et médium sont à plein contact (face à face), ce n’est généralement pas le cas dans les pénitenciers à sécurité maximum, où se retrouvent malheureusement une majorité de détenus âgés. Dans ce type de prison, à moins d’une permission spéciale, les contacts face à face sont interdits, les rares rencontres, pour ceux qui ont encore le soutien de quelques proches, se déroulent au travers d’une vitre via des téléphones et : « des enfants dans ce genre de milieu, ce n’est guère recommandé et encore moins fréquent » nous explique Carolina Soulié, ex-agente correctionnelle qui a œuvré dans des pénitenciers à sécurité minimum et médium mais qui possède tout de même une bonne connaissance des milieux carcéraux à sécurité maximum.
Au niveau des finances accessibles aux détenus, un sujet toujours un peu tabou à aborder, Carolina Soulié nous a expliqué que les prisonniers qui atteignent l’âge de 65 ans derrière les barreaux ont droit, comme n’importe quel autre citoyen de la société québécoise, de faire la demande pour bénéficier de régime de rentes du Québec, de pension de vieillesse ou de tout autre revenus relatifs à un fond de pension. Ils sont d’ailleurs souvent assistés pour effectuer ce genre de tâche, car bien souvent, note-t-elle tristement, les détenus n’ont pas une grande éducation et ne sont pas toujours conscients de leurs droits. En outre, ils jouissent de leurs pleins revenus même s’ils sont derrière les barreaux et se préparent souvent un petit coussin financier en prévision de leur libération, car ils n’ont rien à payer mis à part leurs effets personnels, comme par exemple gomme à mâcher, cigarettes, savon, shampoing, etc. leur gîte et leurs repas étant défrayé par l’État.
Travaux et occupations
En ce qui concerne les travaux que les prisonniers doivent accomplir à l’intérieur des murs, madame Soulié nous explique que les détenus âgés n’ont pas de conditions spécifiques ou de travaux adaptés à leur âge proprement dit. C’est bien davantage l’état de santé général de la personne ou sa condition physique qui guident les recommandations faites à cet égard par un comité au sein de chaque centre correctionnel qui distribuent les tâches pour chacun des prisonniers. Ces recommandations font suite à une évaluation la plus complète possible de l’état de santé et des besoins de chaque détenu. On établit alors ses capacités, ses besoins, ses limitations et on détermine un certain nombre d’occupations possibles en fonction de ces critères établis. On parle en outre davantage d’Occupation que de travaux nous dit madame Soulié car elle explique que ces activités couvrent autant les études, pour ceux qui le désirent et qui en ont les capacités, les programmes d’aides, tant psychologiques que pour contrer les dépendances, nécessaires à l’amélioration de la qualité de vie de certains détenus, exemple pour les toxicomanes, que les travaux physiques proprement dit. Le plus important pour ces comités, et cela doit se traduire dans leurs recommandations, c’est que chaque personne soit occupée de manière constructive et positive, quelle que soit la nature de son occupation. Elle nous dit que chaque cas est unique et traité individuellement, et ce en vertu de nouvelles politiques en vigueur depuis 2002 au sein des services correctionnels. Ces nouvelles politiques ont éliminé toute discrimination d’un groupe de prisonniers par rapport à un autre, aussi les détenus âgés sont désormais intégrés à toute les sphères de la vie carcérales dans tous les établissements et les seules limitations sont désormais d’ordre individuelle. Elle explique par exemple qu’une personne de 30 ou 35 ans qui aurait une condition de santé précaire aurait davantage de restrictions en cette matière qu’un individu de 60 ou 65 ans mais qui serait en pleine forme et en parfaite santé. Elle souligne aussi que de plus en plus, vieillissement de la population oblige, les co-détenus seront sollicités au cours des prochaines années à devenir des préposés aux bénéficiaires pour leurs compagnons de cellules plus âgés. Elle dit que cette pratique est déjà amorcée dans certains centres correctionnels et que la tendance ne devrait aller qu’en s’accentuant.
Notre journaliste à aussi cherchez à savoir s’il existait des regroupements de détenus âgés, une sorte de « syndicat intra muros » au sein des pénitenciers. La-dessus, madame Soulié nous explique que chaque pénitencier possède son propre « comité des détenus » mais que cela peut varier d’un centre à l’autre en fonction de l’âge de la majorité des détenus d’un centre, du nombre total de détenus et de plusieurs autres facteurs propres à chaque établissement. Encore là, c’est du cas par cas. Dans une prison où les détenus de 50 ans et plus seraient majoritaire par exemple, c’est évident qu’ils seraient plus représentés dans les regroupements de prisonniers que dans un autre où il n’y en a que quelque uns… Mais elle nous dit que c’est d’abord et avant tout entre prisonniers que ces choses là se décident. Ils sont libres de se regrouper afin de mieux faire connaître leurs demandes et leurs besoins et de faire revendiquer leurs droits. Concernant les besoins des aînés, elle nous dit que certaines expériences particulières ont déjà eu cours dans quelques prisons canadiennes ; un regroupement de détenus plus âgés avait des rencontres avec des intervenants de l’extérieur, souvent sous formes de conférences, en vue d’une meilleure réinsertion sociale au terme de leur sentence. Le programme en question n’existerait cependant plus aujourd’hui nous dit-elle. Et il n’existe pas, à sa connaissance, de regroupement particulier de détenus âgés.
En juin 2002, la revue l’Actualité faisait un long reportage sur le sujet de la vieillesse en prison, axant son angle sur la description dure du milieu et surtout sur la perte de « respect des aînés » pour les détenus plus âgés, comme dans le reste de la société par ailleurs, au cours des dix ou vingt dernières années. Ayant pris connaissance de l’article, notre journaliste à voulu savoir si madame Soulié, qui avait travaillé dans plusieurs centres à travers le Québec à senti cette « dégradation » des relations entre prisonniers. Sur le sujet, elle nous explique que, contrairement à ce que la surmédiatisation des cas nous laisse croire, le nombre de détenus âgés à chuté drastiquement depuis 2001, tout le nombre de prisonniers en général, alors que le nombre de détenus de plus de 50 ans se chiffrait à plus de 1600 comparativement à 1092 aujourd’hui … Donc, la baisse en proportion du nombre de « vétérans » dans les centres correctionnels, combinés à la multiplication des problématiques autres dans ces centres pourrait en partie expliquer cette baisse de respect. Plus les aînés forment un groupe important au sein d’une prison, plus ils seront respectés compte tenu de leur importance et vice versa s’ils deviennent minoritaires, voire une exception parmi la masse. Les nouvelles politiques plus individualistes seraient aussi à considérer.
Quelques chiffres
Le département de statistiques de la section Québécoise des Centres correctionnels canadiens à Laval, où notre journaliste à été rencontré Madame Soulié, nous a fourni plusieurs données pour dresser un portrait du détenu âgé moyen au Québec. Quelques statistiques complémentaires à cet article proviennent de la revue l’Actualité qui avait fait un reportage sur le sujet dans son édition de Juin 2002. La moyenne d’âge, tout prisonniers confondus, dans les centres correctionnels fédéraux était de 34 ans en 2002, par contre celle des détenus âgés (50 ans et plus) est de 57 ans, chiffre de 2004. C’est, selon l’Actualité, la tranche des 50 ans et plus qui augmente la plus rapidement entre 1992 et 2002. Nos voisins, les États-Unis regroupe un quart de tous les prisonniers à travers le monde, de quoi s’inquiéter sérieusement quand on sait l’influence qu’ils pourraient avoir sur nos façons de faire les choses. Les prisonniers de plus de 55 ans sont en hausse de 750 % entre 1982 et 2002… Aujourd’hui, les 50 ans et plus représentent exactement 1092 prisonniers sur les 5614 qui composent l’ensemble des détenus québécois dans le système correctionnel fédéral. Ce qui correspond à environ 1 prisonnier sur 5 (19,4%). Le doyen des prisonniers québécois à 89 ans, l’aînée de nos prisonnière 84 ans. En outre les femmes sont beaucoup moins nombreuses dans le système, elles ne sont que 21 pour 1071 hommes et la moitié d’entre elles se trouvent à Joliette. La population carcérale âgée de la prison « Montée Saint-François » à Laval atteint les 40 % ce qui en fait le centre ou la population âgée occupe le plus grand pourcentage. La moyenne la plus élevé des détenus âgés est aussi à Montée Saint-François avec une moyenne de 59 ans.

Visiblement, le journaleux intègre mal le vocabulaire! On parle pas de « Prison » mais bien de Pénitencier! Capitch le casque ?
On est pas des prisonniers, on est des détenus !! Les prisons, c’est pour les p’tites frappe qui font du 2 ans et moins.