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Extrait 3 Comme les vagues du fleuve

Jérôme et Jade avaient d’ailleurs conviés tous les chasseurs pour un dîner tout juste avant le coup d’envoi. Sébastien et Sophie qui arrivaient de Québec le matin même se pointèrent les premiers… Les deux plus jeunes de la famille, Samuel et la belle Sabrina, étaient avec eux… Quelques secondes à peine avant Lambert et Channel, plus en beauté que jamais dans un moulant pantalon de cuir crème, surmonté d’une vaporeuse blouse de satin dans les teintes de caramel et de luxueuses chaussures en peau de crocodile dans les mêmes teintes  au volant d’un rutilant 4 X 4 tout neuf… Même si Sophie et Channel ne chasseraient pas, elles avaient mutuellement tenu  à accompagner leurs hommes respectifs, ce qui promettait de belles rencontres familiales… Ils furent rapidement suivis par Jérémie et Steffania.  Puis la famille Leclerc, Majellan et sa femme, rapidement suivi de François et Roxeanne. Les deux frères, Renaud et Marc-Antoine qui avaient des courses à faire en matinée suivraient quelques mins plus tard, le temps de laisser arriver Denise et Thomas, juste pour dire qu’ils seraient les derniers arrivés.

Finalement, une fois tout le monde à table, la soupe fut servie et les histoires de chasse fusèrent ;  Jérémie, Majellan et Thomas comptant parmi les plus vieux autour de la table, leurs souvenirs n’avaient d’égal que la somme des leurs années d’expérience. Puis ce fut les premiers paris sur cette partie de chasse que tous entrevoyaient fort fructueuse… C’est à qui tuerait en premier. Le temps allait éventuellement leur donner raison, non seulement ils atteindraient leurs quotas de bêtes, mais chacun aurait aussi sa propre histoire à raconter, ce qui n’était pas rien.     

Bang ! Bang ! Bang !! Trois en ligne. Jérôme n’en croyait tout simplement pas ses yeux de ce qui venait de se produire. Trois d’un coup… en fait trois coups de feu, mais tout s’était passé si vite… Dix peut-être quinze seconde… Et le groupe en entier (Jérémie, Steffania, Thomas, Sébastien pour le premier groupe, Majellan Leclerc et ses enfants Renaud, Marc-Antoine et Roxeanne dans le deuxième groupe et François, Miguel, Lambert et lui) avaient maintenant atteint leur quota pour le temps de la chasse : Après le bock majestueux que Thomas avait abattu avant-hier pour inaugurer de belle façon la semaine, Jérémie qui l’avait imité tout juste avant le coucher du soleil de ce premier jour de chasse, puis la femelle que Roxeanne avait tiré ce matin. Jérôme venait de tirer coup sur coup une mère et ses deux petits qui, pétrifiés par la peur, n’avait pas bougé d’un poil… La récolte s’avérait donc excessivement riche et fructueuse. Personne ne manquerait de viande cet hiver.

Tut tut tut !!! Les klaxons résonnaient avec force et fierté tandis que, répartis dans quatre véhicules, ce qu’on pouvait désormais appeler la bande des douze revenaient du lac Chenapan avec enthousiasme, panaches bien en vue sur les capots… C’était une tradition presque centenaire à Corail, qu’aux lendemains de la chasse, tous ceux qui avaient tués effectuaient une procession bruyante et endiablée, en route vers la boucherie Drapeau, question de laisser à Frédéric, maintenant propriétaire de troisième génération, tout comme jadis à son père Émilien et à son grand-père Léopold avant lui, toutes les bêtes abattues afin d’en faire le désossage de précision et de la rendre aptes à être apprêtés. Depuis toujours les Drapeau s’étaient fait un point d’honneur de cesser toutes les autres choses, et de donner une priorité absolue aux fruits de la chasse. Ce qui leurs  attiraient bien des clients en cette période de l’année et ce de pratiquement tout le Bas Saint-Laurent… De Kamouraska à Val Brillant, d’où venaient leurs plus lointains clients. Inutile de dire que c’était La fierté de Corail-des-Eaux.

Cette fois, c’est avec une grande fierté que Roxeanne Leclerc, la première mit le pied dans la boutique de la rue Notre-Dame, portant sa femelle sur son épaule ; « Ma toute première bête à vie !! » disait-elle à qui voulait l’entendre, regardant droit dans les yeux tout chasseur désireux de la prendre au défi. Suivait Jérôme portant ses deux chevreaux, puis Miguel, derrière portant la mère, Majellan et Renaud Leclerc, portant le mâle de Jérémie, Finalement, Thomas et Jérémie fermèrent la curieuse procession en portant le bock majestueux qui avait si brillamment inauguré cette fructueuse saison… « Quelles prises mes amis !! » ne put s’empêcher de constater Frédéric abasourdis de tant de veine d’un seul groupe de chasseurs… 

Inutile de dire que le soir même, tous se réunirent au chalet de Thomas pour un repas de rois… Un festin d’orignal dont on allait se souvenir longtemps. C’est Jérôme qui entreprit de faire la bouffe et il dirigea le tout de main de maître… Et il rallia tous les convives avec une recette prise à la télé qu’à peu près personne n’aurait crû… Des museaux d’orignaux à la crème de champignons.

  • C’est vraiment succulent, frérot. Comment as-tu eu cette recette ?
  • Contrairement à ce que tout le monde croit, non seulement ça se mange, cette partie-là mais en plus c’est tellement tendre, je crois même que c’est la partie que je préfère. C’est Martin Picard à la télé l’autre jour qui m’a fait découvrir ça… Et comme Frédéric c’est un ami, il me les a apprêtés pour que je puisse les utiliser, il semblait bien surpris quand je lui ai demandé  ça tout à l’heure, mais finalement il l’a fait… Et c’est très  bon.
  • Donc santé tout le monde. Je lève mon verre à Jérôme et Thomas… Nos deux cooks exquis de la soirée… Salute !!

Dans un grand tintement de verre, tous portèrent un toast à Jérôme et son oncle pour l’extraordinaire repas… Et on célébra ainsi cette chasse quasi miraculeuse jusqu’à tard dans la nuit…

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