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Extrait du chapitre 2 de Comme les vagues du fleuve…

Après avoir bien pesé le pour et le contre, Miguel donne sa réponse à l’évêque. Il rencontre François et Étienne et le trio s’entend pour plonger ensemble dans cette belle et grande aventure que ne peut que les unir pour la vie, ils osent donc répondre comme Samuel avec un retentissant : Envoi-moi ! Ce qui rassure grandement le cœur du prélat. À eux trois ils représentent l’avenir du diocèse en tant que prochains à être ordonnés, Francis Corian en est persuadé. Aussi de les savoir aussi volontaires est rassurant pour l’avenir de l’église de Saint-Joseph.

Les trois comparses, trois isolés de Corail-des-Eaux, petit village qui fait littéralement office de bout du monde dans la grande communauté multiethnique de l’Université Laval, sont non seulement issus du même coin de terre, mais ils étudient dans le même programme, la théologie avec l’objectif de devenir prêtres, pas mal pour un village d’à peine 2000 âmes. Ils se sont non seulement retrouvés une fois de plus pour cette deuxième année sur le campus de Sainte-Foy mais se sont bien promit, comme un serment d’office, de s’entraider mutuellement quoi qu’il advienne dans leurs vies respectives. Et cette grande opportunité que leur offre Francis Corian, via les Disciples de Saint-Paul en représente le premier jalon.

Un pour tous et tous pour un, souligne Étienne, comme les trois mousquetaires de Dumas, pour les trois aquacoralliens que nous sommes. C’est donc en délégation qu’ils se rendent au grand bureau de Monseigneur Corian pour leur donner leur réponse. Ils répondent Présent et savent au plus profond d’eux même qu’une expérience incroyable les attend. L’évêque leur redonne donc rendez-vous, le sept décembre suivant, dans une des salles de réunion du presbytère, pour bien s’assurer que tout est en règle pour le voyage : Passeports, vaccins, assurances. Bref une paperasserie plus omniprésente que jamais, surtout depuis les derniers évènements d’il y a quelques semaines à peine qui a ébranlée toute la planète alors que deux monuments qualifiés d’éternels et indestructibles se sont pourtant écroulés comme deux vulgaires châteaux de cartes et met tout le monde sur ses gardes. Un tas de formalités dont tous les trois auraient bien voulu se passer, mais qui semble de plus en plus essentielle pour voyager. Heureusement, c’est Francis avec la secrétaire du diocèse qui ont déjà recueillis les documents et les signatures nécessaires, en plus de faire les demandes de passeport pour chacun, alléguant des « Raisons humanitaires » pour justifier une demande expresse au sein de Passeport Canada. Ne reste donc que les vaccins qu’ils reçoivent ce soir, une infirmière du CLSC qui vient expressément pour leur administrer après sa journée de travail, une faveur pour Monseigneur Corian soutient-elle, qui a beaucoup aidé sa famille par le passé. Si François devient un peu blême en entendant cela, lui qui craint les aiguilles comme la peste, les deux autres le soutiennent tout en se moquant un peu de lui bien gentiment. L’infirmière est finalement super gentille, douce et compréhensive, elle prend le temps de tout bien expliquer, ils ont chacun trois vaccins à recevoir, elle passe donc plus d’une heure avec eux, les neuf injections se font avec adresse et elle repart du presbytère avec le sentiment du devoir accompli, et trois clients satisfaits, comme dit la publicité. Au moment de se quitter, une autre rencontre plus conviviale et agréable celle-là est prise, à quelques jours de Noël, alors qu’une petite séance de cinéma les attend, explique Francis Corian, les Disciples de Saint-Paul ont réalisé un montage vidéo spécialement à leur attention et il va leur présenter le tout à ce moment-là.    

C’est donc le vingt-deux décembre que se retrouvent de nouveau Miguel, François et Étienne chez Francis Corian, qui cette fois les reçoit à souper, autour d’une bonne oie farci aux choux, une tradition que Francis Corian a conservé de son enfance, même si les gens n’en consomment pratiquement plus, Frédéric Drapeau le boucher de Corail-des-Eaux qui a repris le commerce de son père, fait chaque année des pieds et des mains pour lui en dénicher une juste pour lui, une demande particulière qui date du temps où Francis Corian est jeune pasteur à Corail et que le fils à toujours honoré en mémoire de son paternel aujourd’hui décédé mais qui était le meilleur ami de Monsieur le curé, à ce moment-là. Et Ti-Fred comme tous le surnomment à travers la région n’a jamais manqué à sa promesse depuis. La volaille est accompagnée d’un ragoût dont seule la « madame Curé » de Corail à le secret. Puis la soirée cinéma commence… À moins de quinze jours du grand départ, les trois comparses se familiarisent avec leur futur milieu de travail, les environs de Maïssade et la grande demeure des DSP et font connaissance avec le sympathique frère Patry, la petite dynamo de la congrégation. Le but est de faire en sorte que le choc culturel s’il subsiste, soit le moins important possible.

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