Chronique no 296 6 Septembre 2005
Je me sens toujours un peu squatter d’autoroute dans ces moments là (quand nous ne faisons que passer dans une région, longeant l’autoroute ou encore davantage par la vieille route) Pour moi, normalement, on devrait se limiter aux routes que l’on emprunte au quotidien, dans mon cas la 341, le petit bout d’autoroute qui mène à Repen, au pire la rue Sherbrooke… Le reste c’est lorsque je suis, sois en visite, soit en découverte, et c’est d’autant plus vrai quand on traverse une région uniquement pour la traverser. Pour moi, le Vieux Québec « m’appartenait » ou nous appartenait, ceux qui habitent le coin, le temps que j’ai étudié à l’Université Laval, et c’est aussi vrai avec le Boul Charest. (Bien de l’estime pour un aussi mal aimé… Rires…) l’autoroute pour entrer et sortir de Québec. Donc, maintenant quand je prend le pont, non seulement j’ai une pensée pour Bebé, le voisin de Ray au Lac qui travaille à le repeindre et le réparer en permanence, mais j’ai l’impression de « voler » la route à ses vrais propriétaires au même titre qu’un gars de la Beauce ou de l’Abitibi qui serait sur la 25 ou 341 me « volerait » aussi un peu de ce qui m’appartient… comme si j’étais témoin de courts extraits de vie, la majorité du temps sans son, sans avoir d’affaire là. Une portion donnée d’autoroute, pour moi, appartenant à ses usagers de tous les jours, des gens habitant directement dans les sorties qu’elle dessert, comme si c’était une propriété privée sans l’être vraiment… Et que je devrais me décider à écrire quelque chose comme une chanson là-dessus un de ces quatre… C’est sans doute un peu cinglé comme raisonnement, mais ça ne change rien au malaise que j’éprouve chaque fois… Maintenant reste à mettre ça en musique. Ouffff ! Ça pourrait donner une toune comme Anne et Dominique (si ma mémoire est bonne) de Marianne Farley, qui me remonte en tête… Mais bon, ce n’est pas demain que ce sera au palmarès. Sourire. Mais juste de l’écrire et de dire ce que j’aimerais en faire éventuellement donne une certaine vie au projet. Je ne sais pas ni où, ni quand, ni comment, mais je lance l’idée dans l’Univers que je veux que ça se fasse, mais si Lynda Lemay enfile les recettes de tarte au sucre à la pochetée, je devrais être capable aussi, musique en moins…

