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Bénévole de l’Est, pour le don de son temps…

Donnez de son temps… Y a-t-il don plus généreux que celui de son temps ? C’est précisément ce que semble prôner le Service bénévole de l’Est avec son éloge du bénévolat. Le 7 juillet dernier, Aînés Hébergement à rencontré mesdames Françoise Boucher et Suzie Lavigne respectivement directrice générale et coordonnatrice du service de maintien à domicile de l’organisme dans ces bureaux de la rue Sherbrooke Est. Le Service Bénévole de l’Est est un organisme sans but lucratif desservant, comme son nom l’indique, tout l’Est de Montréal, de la Pointe-de-l’Île au Boulevard Saint-Laurent à l’exception du secteur de Rivière-des-Prairies et de Montréal-Nord. La principale mission de cet organisme est d’abord de faire la promotion du bénévolat dans un premier temps, puis de mettre en contacts des bénévoles qui cherche des causes et des organismes qui cherche des bénévoles…Madame Boucher compare ainsi cette partie de l’organisme à une agence de placement. Bien que l’organisme n’offre aucun service direct proprement dit, à l’exception de l’accompagnement, qui constitue une division à part, madame Boucher considère être utile aux aînés en leur permettant d’abord de s’occuper, de se sentir utile et de faire don de la ressource que leur condition de retraités leur permet de posséder en grande quantité : Le temps. Ils rendent ainsi des services très importants pour la communauté en mettant bagages et expériences au profit d’autrui. « C’est en quelque sorte un service indirect que nous offrons aux aînés de l’Est de Montréal », nous explique madame Boucher en guise d’entrée en matière.

Quatre secteurs

L’organisme en lui-même, selon son site web, se divise en quatre volets bien distincts qui sont en quelque sorte des micro-organismes rattachés au Service bénévole de l’Est. Premièrement il y a tout le secteur de la « Promotion du bénévolat » dont le mandat est de recruter, sélectionner et orienter le plus adéquatement possible, notamment en fonctions de leurs passions et intérêts, les personnes bénévoles en quête d’une cause ou d’un mouvement où leur temps est requis. C’est aussi lors de la restructuration de ce secteur, il y a quelques années, que les travaux communautaires, une importante forme de bénévolat, ont été exclus de l’organisme. Il a alors été décidé que cette forme de bénévolat plus ou moins libre, plutôt contraignante, ne cadrait plus avec la vision du « geste libre et gratuit » que défend l’organisme. C’est dans ce secteur, sous la supervision de madame Boucher, que se retrouve les « bénévoles de l’Est » proprement dit. Ces personnes, principalement affectés aux événements spéciaux tels les collectes de fond, activités de charité, événements annuels ou biannuels, etc. sont des « employés » du Service bénévole de l’Est qui se promènent de causes en causes, selon les demandes et leurs propres disponibilités. Puisque ce sont des activités où la présence de bénévoles est temporaire et irrégulière, ils ne sont pas rattachés à aucun client particulier et sont donc sous la juridiction du Service bénévole.

Un deuxième volet se compose du support aux bénévoles « réguliers » proprement dit, qui ne sont qu’en transit avec le Service bénévole de l’Est, devenant rapidement membres de l’organisme qui les embauche. Ce secteur assure le suivi de leurs dossiers auprès des responsables d’organismes afin de savoir si « le match » est bon et si chacun, bénévole comme organisme, y trouve son compte. Le troisième volet vise, quant a lui, à prendre en charge toutes les demandes que font les différents organismes pour avoir des bénévoles. Le travail de ce secteur se compose essentiellement de rencontre avec les responsables d’organismes afin de cerner leurs besoins le plus précisément possible, d’enquête et de visite dans ces mêmes organismes pour avoir le pouls des milieux de travail et finalement du jumelage bénévole-employeur pour le meilleur intérêt de chacun. Ce secteur travaille en étroite collaboration avec le secteur précédent. Ils sont pour ainsi dire complémentaires un de l’autre.

Maintien à domicile et Accompagnement

Et finalement, le quatrième volet, sous la supervision de madame Lavigne, est celui du maintien à domicile et d’accompagnement avec ou sans voiture. C’est le secteur qui touche le plus les aînés, tant par la composition de l’équipe de bénévoles, fort restreinte d’ailleurs, que par les utilisateurs qui sont maintenant majoritairement des aînés, depuis que les Centres jeunesses, principaux solliciteurs de transports jusqu’en 2002, s’organisent par eux mêmes pour effectuer le déplacement de leurs membres.

Quelques chiffres  

L’équipe de bénévoles de ce secteur est réduite à sa plus simple expression, tout au plus une douzaine de membres déplore madame Lavigne. Ce qui explique malheureusement que le Service de maintien à domicile n’a pu qu’à répondre qu’à 3 appels sur 4 en 2003-04 (74%), le plus faible taux de réponses des trois dernières années en ce qui concerne les accompagnements avec voitures et à peine 38 % des accompagnements sans voiture. Chose étonnante dans le milieu communautaire, habituellement représenté en majorité par les femmes, l’équipe de bénévole du service de maintien à domicile et d’accompagnement se compose à peu près à part égale ; 7 femmes pour 6 hommes.  Des bénévoles peu nombreux, mais d’une fidélité exemplaire, car ils sont au poste depuis plus de dix ans en moyenne… Le secret : « On respecte leurs disponibilités. C’est aussi simple que ça, nous dit madame Lavigne. Une personne qui nous dit : Je peux faire un accompagnement par semaine ou un par deux semaines, on ne lui en demanderas jamais deux. Sauf c’est ça vient du bénévole lui-même qui a tellement apprécié l’expérience et qui décide de s’impliquer plus à fond ou encore qui était travailleur et qui prend un jour sa retraite et devient du même coup plus disponible, ça aussi, ça s’est déjà vu… Mais de notre part, jamais » nous explique madame Lavigne en disant qu’au contraire, si les gens se sentent forcés d’en faire plus ou poussé dans le dos, ils ne reviendront plus du tout. Donc il faut que les bénévoles soient heureux là-dedans, et s’ils restent aussi longtemps parmi nous, c’est un excellent signe qu’ils aiment ce qu’ils font, conclut-elle… La moyenne d’âge des bénévoles est cependant très âgée, plus de 70 ans en moyenne pour le secteur de l’Accompagnement, et le changement de la garde s’avère difficile, nous dit madame Lavigne. Car c’est le genre de service particulièrement engageant, du fait que c’est de l’Accompagnement et non pas simplement du transport, ce qui suppose que le bénévole prend la personne à son domicile, la suit à l’hôpital ou à la clinique jusqu’à son retour… Et comme on sait que le réseau de la santé est parfois débordé, les heures sont longues, aussi les gens hésitent à s’engager là-dedans… Mais c’est pourtant un très beau geste d’altruisme et une expérience à vivre. Celle qui est la doyenne des bénévoles du Service de l’Est, une prénommée Gertrude selon le site internent, est aujourd’hui âgée de 86 ans et continue son « travail » avec passion…  Madame Lavigne croit que d’en parler dans des revues spécialisées comme Aînés Hébergement pourrait donner le goût à des aînés de faire don de leur temps et à plus de gens de s’impliquer… conclu-t-elle avec encouragement et optimisme.       

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