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Un géant des Mots

Stéphane Venne 1941 – 2025

Au moment où Star Académie amorçait officiellement sa huitième mouture, celui dont les mots ont inspirés la toute première chanson thème, « Et c’est pas fini ! » un des grands de notre culture musicale, rendait son dernier souffle. Né à Verdun en 1941, c’est le 17 Janvier dernier que Stéphane Venne livrait sa dernière bataille. Juste parce que ses mots résonneront à jamais dans nos cœurs et nos esprits, voici quelques titres marquants de ce prolifique auteur-compositeur-interprète et les souvenirs qu’ils m’inspirent.

Le papillon bleu, le ciel est à moi… Cette pièce marquante de l’œuvre de Marie-Élaine nous a permis de découvrir cette immense interprète, qui a d’ailleurs atteint la toute première finale de Star Académie. Sans compter le petit chef-d’œuvre de Léa Pool dont cette pièce est issue…  Mais, voici que ce sont ouverts, les grands bras de la lumière… Et voilà que je pars vers l’univers…

Demain nous appartient : Chanson thème qui a servie lors de la campagne électorale la plus électrisante de l’histoire du Québec. Tout juste trop jeune pour avoir pleinement vécu toute l’effervescence de cette époque exaltante qui a mené René Lévesque au pouvoir, elle me rappelle néanmoins toute mon éducation aux valeurs péquistes et souverainistes. C’est mon père que je vois travailler bénévolement pour Yves Blais dans notre compté de Terrebonne à l’époque. C’est ma mère qui m’a tellement vanté la fierté et l’engagement de René envers le Pays, le beau rêve qui habite encore de nombreux québécois… Cette chanson cristallise donc tout ce que j’ai appris de la politique et de ses nobles valeurs qu’elles sous tends ; l’engagement, la fierté, l’importance de sa langue… Des valeurs qui m’habiteront toute ma vie.   

That’s it that’s all : Chanson un peu moins connue de Marie-Élaine, mais dont le message est tellement important. L’importance d’être soi et de s’accepter comme on est. Et surtout d’être vrai. Cesser de porter des masques et de jouer la game pour être accepter. Stéphane Venne avait nettement saisi la vérité de l’interprète lorsqu’il a composé cette chanson pour elle.  

Le temps est bon. Sans doute la chanson de Stéphane Venne que j’ai le plus entendu dans ma vie. Non seulement a cause du film Les Mâles, un des premiers films osés que la fin de l’adolescence m’a permis d’écouter en toute connaissance de cause, si on peut dire… Mais la chanson exprimant la liberté à tout crins et le simple bonheur de vivre est allé bien au-delà de l’œuvre cinématographique somme toute moyenne. La chanson, comme la plupart de celles de Stéphane Venne est cependant resté dans les mémoires et les souvenirs.  

Un jour, un jour, quand tu viendras… Une photo noir et blanc de la jeunesse de mon père, en visite à cette Terre des hommes que j’aurais tellement aimé connaître. Dont il ne restait que le minirail de la Ronde que j’ai pris tellement de fois au cours de mon enfance et mes visites à ce parc d’attraction, survolant ce site majestueux, ces îles inventées, tout droit de notre tête comme chante Donald Lautrec… C’est un peu tout cela qui me vient en tête lorsque j’entends la chanson phare de l’Expo 67 que je n’ai évidemment pas connu, mais dont j’ai beaucoup entendu parle par contre.

Attention la vie est courte, quand j’entends ces mots du beau Pierre Lalonde, je pense surtout à ma mère qui lui vouait un culte, presqu’autant qu’à Elvis. Elle l’a idolâtré toute sa vie et je crois même l’avoir vu verser une larme lorsque Pierre Lalonde nous a quitté en 2002. Bien qu’il ait surtout chanté des chansons américaines traduites, cette petite exception de Stéphane Venne que j’ai tellement entendue sur la radio de la salle de bain de notre maison de la rue Godard au cours de ma petite enfance suffit à me faire sourire et me faire surtout penser à ma mère.     

La pente douce, même sans un mot, cette simple mélodie qui rappelle la famille la plus célèbre du Québec suffit à éveiller en moi quantité de souvenirs. Même si encore là, pour ma part j’ai connu et apprécié la deuxième mouture des Plouffe, avec les Juliette Huot, Serge Dupire, Pierre Curzi, Denise Filliatrault et bien sûr Gabriel Arcand, pour tous les Ovide Plouffe du monde entier… Bref une pièce marquante ou même sans paroles, Stéphane Venne nous donne une fois de plus l’étendue de son talent pour le rythme et la mélodie accrocheuse.

Il était une fois des gens heureux ; Quand on lui demande la chanson dont il est le plus fier, il répond spontanément Il était une fois des gens heureux, la chanson, avec des mots cette fois, associés au même film que la pièce précédente. Une chanson aussi immortelle que son œuvre, aussi intemporelle, même si elle évoque surtout les années noires qui ont marqué les deux grandes guerres mondiales… « On fait toute sa vie, semblant qu’on va durer toujours, pareil au fleuve dans son cours… Et c’est peut-être rien que pour ça qu’on fait des enfants. » Une vérité de tous les temps. Pour avoir été directement sur les rives du Saint-Laurent si grand, si grand, durant près d’une décennie et pour avoir vu chaque année, le fleuve dans son cours, dont il parle dans sa chanson, il n’y a rien de plus éternel au monde et je comprends mieux que quiconque le sens de ses mots.  

Le début d’un temps nouveau : Chanson phare de ma petite enfance, elle était sur toutes les radios. Et Meggie Lagacé lors de la deuxième mouture de Star Académie l’a remis au goût du jour après l’interprétation originale de Renée Claude. Elle symbolise tellement de promesse d’avenir et l’impression que le monde nous appartient, qui a caractérisé les années 70… Jusqu’à ma naissance en 1975. Je préfère m’attarder sur cette époque où tout était possible que sur les années un peu sombres qui ont suivi, menant à la pire crise économique depuis les années 30 quelques années plus tard. Mais même en ces temps un peu plus difficiles, mes parents gardaient la foi et les mots de Renée Claude continuaient de sonner chez nous ; « … à se dire Je t’aime sur je t’aime, et ça donne les plus beaux enfants !! »

Et c’est pas fini. Évidemment je ne peux conclure cet hommage aux mots de Stéphane Venne sans parler de la chanson qui l’a littéralement fait renaître, alors que l’équipe de Star Académie à choisi sa pièce pour sa toute première mouture. Et c’est pas fini, pour moi c’est donc évidemment les Wilfred, Marie-Élaine, Annie Villeneuve et Marie-Mai, tous des artistes que j’écoutent encore régulièrement aujourd’hui mais, sans les mots de Stéphane Venne et la formidable aventure musicale qui les a tous réunis dans nos salons pour l’équivalent culturel de la Soirée du hockey, rien de moins, tout cela n’aurait sans doute jamais été possible. Par la bande, je dois donc à ses mots grandioses toute ma culture musicale du 21e siècle. « Je t’ai vu, faire lever le jour… En chantant des chansons d’amour… Et nous sommes le monde nous somme bientôt… Ce qu’il y a de plus beau dans le monde ! »  

2 réflexions au sujet de “Un géant des Mots”

  1. texte judicieux, quoiqu’un peu long pour moi (c’est mon opinion). Un texte trop long va faire que le lecteur va décrocher. L’auteur devrait rester concentré sur le sujet ne pas partir dans plusieurs directions. Bonne photo mais un peu sombre.

  2. Marc-André Lavoie

    Mon cher Sébastien, je découvre enfin tes écrits. Avec bonheur. tes mots coulent et tu t’impliques personnellement. Ta recension est sérieuse et je salue ton sens de la répartie. Nous partageons notre intérêt pour l’oeuvre de ce grand patriote de la chanson. J’ai déjà hâte de lire tes autres chroniques.
    Amitiés, ton ex de Bourget.

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