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Le Souk virtuel

Il y a quelques heures à peine, le géant Amazone, véritable souk virtuel de tout acabit, mettait sauvagement fin à ses activités au Québec, en fermant sans crier gare ses 7 entrepôts autour de la métropole et laissant 1700 travailleurs sur le carreau. Et comme pour ajouter l’insulte à l’injure, leurs porte-paroles osent venir nous dire que, même s’ils ont combattu jusqu’à la mort, sans succès heureusement, la syndicalisation de l’entrepôt de Laval, ce revers judiciaire n’aurait apparemment rien à voir avec leur décision. Une simple révision de leur modèle, soutiennent-ils soulevant l’ire de la population qu’ils semblent prendre pour des valises, comme le dit l’expression populaire.

Bien sûr, comme n’importe qui, qui a le moindrement de cœur, ma toute première pensée va vers les travailleurs abandonnés et leurs familles, surtout à l’heure de l’austérité économique que le gouvernement nous fait subir en désespoir de cause après une gestion douteuse et un déficit record, nonobstant la pandémie qui appartient de plus en plus à l’histoire et au passé et à celle de la hausse des loyers sans précédent au cours des 30 dernières années. Mais, une fois cela dit, je me demande ce qui est le plus troublant dans toute cette histoire ? Le geste sauvage et immoral d’une entreprise qui, de toutes façons comme le souligne si bien Paul Saint-Pierre Plamondon, n’a jamais vraiment tenu compte et ne mettra jamais dans sa liste de priorités les intérêts de leurs travailleurs ou même la situation économique de leur environnement, ou bien le manque de solidarité des Québécois qui acceptent, encore une fois de se faire traiter comme une carpette par un géant voisin et continueront le plus bêtement du monde de visiter ce souk virtuel.

Malheureusement poser la question, c’est un peu y répondre. Je crains avec tristesse et déception que le cri du cœur du premier ministre à Acheter local d’abord et avant tout et donc, sous-entendu à boycotter le géant du commerce en ligne demeure lettre morte. Je ne suis pas naïf, je sais bien que 9 Millions d’utilisateurs en plus ou en moins pour Amazone ne fera pas un grande différence dans la marche de leurs affaires, mais j’aimerais quand même que, pour une fois, on puisse se lever et faire une véritable front commun, pour chasser de nos tablettes et ordinateurs le réflexe malsain de se tourner vers ce qui non seulement un mauvais employeur, antisyndical et négligent quant à la santé et sécurité de ses travailleurs, mais aussi une entreprise capitaliste qui se fout de sa clientèle comme de sa première chemise.

Est-ce que la Souveraineté du Québec et le retour du Panier bleu, avec des véritables pouvoirs économiques et surtout une plate-forme transactionnelle efficace représente la seule et unique solution à tout nos maux ? J’en doute. La réalité économique mondiale est évidemment beaucoup plus complexe que ça. Mais un peu de fierté ne peut certes pas nuire face au président américain… Un Québec avant tout ! pour répliquer au fameux : « Make America Great Again » que prône Trump en bombant le torse, même si l’expression est utilisée depuis des décennies par nos voisins et l’ensemble des présidents depuis Ronald Reagan… Et si on se tient vraiment tous ensemble et d’une même voix, qui sait ce qu’on pourrait accomplir…  

3 réflexions au sujet de “Le Souk virtuel”

  1. On aura beau dire ce qu’on voudra, qu’il faut penser Québec d’abord, il faut demeurer réaliste. Le Québec n’est pas près d’être autosuffisant dans bien des domaines, à commencer par la vente en ligne au détail qui fait cruellement défaut. La majorité de nos entreprises ne sont pas capables de vendre en ligne de façon efficace. Et que dire des coûts et des délais de livraison interminable pour obtenir un bien. Ça irait plus vite d’aller le chercher avec une charrette et des chevaux!

    Quand une entreprise québécoise aura l’envergure, l’efficacité d’Amazon, on pourra parler de penser et d’acheter québécois. Comme il n’y a pas d’alternative viable, Amazon demeure le choix des Québécois, surtout pour les personnes en région éloignée où les articles sont rares et coûteux. De toute façon, de plus en plus d’entreprises sises au Québec sont propriétés américaines de sorte que même lorsque l’on achète au Québec, ce sont les Américains qui empochent en bout de ligne.

    Le fait de lever le nez sur Amazon démontre bien l’incompréhension de la vente en ligne et l’inexpérience de l’auteur. Certes, Amazon n’est pas un modèle d’employeur mais ne soyons pas naïfs non plus; plusieurs entreprises ne sont pas des modèles non plus et sont québécoises et on n’en fait pas tout un drame. Certes, Amazon a manqué de courtoisie en n’avisant pas ses employés de la fermeture de ses entrepôts mais est-ce qu’il y a vraiment une « bonne » façon d’annoncer un tel licenciement massif ? Certes, une lettre aurait été plus « correcte » avant que cela soit annoncé publiquement mais il ne faut pas accuser Amazon de tous les maux de la terre non plus.

    Quand le Québec arrivera en 2025, à l’ère de l’achat en ligne pour la majorité de ses commerces et qu’une livraison efficace et peu coûteuse sera offerte, les Québécois changeront peut-être de plateforme d’achat. En attendant…

  2. Visiblement l’auteur n’arrive pas à nommer les choses correctements. Visiblement l’auteur n’a jamais magasiner ou visité le site d’Amazon. Il comprendrait que le terme pour désigner Amazon serait marché publique virtuel. Même chose pour le marketplace de Facebook ou de BestBuy; ce sont des « market place » ou marché publique où les vendeurs profitent d’une plateforme et d’une affluence en ligne pour vendre leur produits. C’est la même chose pour Amazon qui était un marché puiblique de livre à l’origine et qui est devenu un marché publique au contenu varié; Amazon vend certains produits avec la marque Amazon et offre l’opportunité à des vendeurs d’offrir leur produit sur leur plateforme de vente en ligne.

    L’auteur aurait-il des origines arabes ?

  3. Le 22 janvier 2025, le géant Amazon, véritable marché virtuel de tout acabit, mettait sauvagement fin à  ses activités au Québec, en fermant sans crier gare ses 7 entrepôts autour de la métropole et laissant 1700 travailleurs sur le carreau. Et comme pour ajouter l’insulte à  l’injure, leurs porte-paroles osent venir nous dire que, même s’ils ont combattu jusqu’à  la mort, sans succès heureusement, la syndicalisation de l’entrepôt de Laval, ce revers judiciaire n’aurait apparemment rien à  voir avec leur décision. Une simple révision de leur modèle, soutiennent-ils, soulevant l’ire de la population qu’ils semblent prendre pour des valises, comme le dit l’expression populaire.
    Bien sûr, comme n’importe qui ayant le moindrement de cœur, ma toute première pensée va vers les travailleurs abandonnés et leurs familles, surtout à  l’heure de l’austérité économique. Mais, une fois cela dit, je me demande ce qui est le plus troublant dans toute cette histoire ? Le geste sauvage et immoral d’une entreprise qui, n’a jamais vraiment tenu compte et ne mettra jamais dans sa liste de priorités les intérêts de ses travailleurs ou même la situation économique de son environnement, ou bien le manque de solidarité des Québécois qui acceptent encore une fois de se faire traiter comme une carpette par un géant voisin et continueront le plus bêtement du monde de visiter ce bazar numérique.
    Malheureusement poser la question, c’est un peu y répondre. Je crains avec tristesse et déception que le cri du cœur du premier ministre d’acheter local d’abord et avant tout demeure lettre morte. Je ne suis pas naïf ; je sais bien que 9 millions d’utilisateurs en plus ou en moins pour Amazon ne fera pas une grande différence dans la marche de leurs affaires, mais j’aimerais quand même que, pour une fois, on puisse se lever et faire un véritable front commun pour chasser de nos tablettes et ordinateurs le réflexe malsain de se tourner vers ce qui est non seulement un mauvais employeur, antisyndical et négligent quant à  la santé et sécurité de ses travailleurs, mais aussi une entreprise capitaliste qui se fout de sa clientèle comme de sa première chemise.
    La réalité économique mondiale est évidemment beaucoup plus complexe que ça. Mais un peu de fierté ne peut certes pas nuire et si on se tient vraiment tous ensemble et d’une même voix, qui sait ce qu’on pourrait accomplir…

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